15 Oct


La semaine dernière, j’ai demandé à mes abonnés sur Twitter de me donner des idées au sujet de nouveaux articles pour ce blog, et j’ai immédiatement reçu un message me demandant de parler de la cuisine britannique, du point de vue d’un français qui aime bien cuisiner et manger, et qui habite en Grande-Bretagne depuis maintenant plus de 21 ans.

Quand je suis arrivé en Ecosse, en 1997, il est vrai que je ne connaissais rien à la cuisine de ce pays en général. Et ça n’est pas les Mars frits et les fish and chips qui m’ont appris à apprécier les aspects les plus fins de ce que la Grande-Bretagne avait à offrir en matière d’arts culinaires. En tant qu’étudiant, je n’avais également pas les moyens d’aller voir ce que les restaurants étoilés chez Michelin proposaient.

A l’époque, on me demandait souvent ce que, en tant que français, je trouvais de mangeable au Royaume-Uni, l’implication étant qu’on mangeait mal ici. Viande bouillie, légumes trop cuits, pain et fromages inférieurs, vous voyez ce que je veux dire. Le pire, c’est que même aujourd’hui j’entends la même chose quand je vais en France: “Vous vivez en Angleterre? Vous devez être content de rentrer à la maison en France pour bien manger!”

Qu’est-ce que ça m’agace, cette étroitesse d’esprit! Tout d’abord, je ne ‘rentre’ pas en France, j’y vais pour des visites plus ou moins régulières avant de rentrer chez moi, en Angleterre. Ensuite, je suis fatigué de ce discours, alors je vais y mettre mon grain de sel. Alors accrochez votre ceinture! 

On mange très bien dans mon pays, bien mieux que dans beaucoup de restaurants français où plus de la moitié des plats ne sont plus préparés sur place. Produits de saison, préparés et servis avec soin, viandes et poissons de premier choix, techniques anciennes et nouvelles, les chefs britanniques nous dorlotent, et ce depuis longtemps.

Alors à tous ceux qui pensent encore qu’on mange mal ici: vous avez tort. Tout simplement. Mais comme vous avez le droit de ne pas être d’accord, dites-moi si je raconte n’importe quoi!

British cuisine.  Last week, I asked my followers on Twitter to give me some ideas about new posts for this blog, and I immediately received a message asking me to talk about British food, from the point of view of a Frenchman who likes to cook and eat, and who’s now been living in Great-Britain for over 21 years.

When I arrived in Scotland, in 1997, it is true that I knew nothing about the food in this country in general. And it is not deep-fried Mars bars and fish and chips that taught me how to appreciate the finer aspects of what Great-Britain had to offer as far as the culinary arts were concerned. As a student, I also did not have the means to go and have a look at what Michelin star-studded restaurants were offering.

At the time, I was often asked what, as a Frenchman,  I found edible in the UK, the implication being that people ate badly here. Boiled meat, overcooked vegetables, inferior bread and cheeses, you know what I am talking about. And what is worse is that even today I hear the same thing when I go to France: “You live in England? You must be so happy to come home to France and eat well!”

Oh, how this narrow-mindedness annoys me! First of all, I don’t ‘come home’ to France, I go there for more or less regular visits before coming home, to England. Second, I am tired of this way of thinking, so I’m going to add my grain of salt. So fasten your seatbelt!

We eat very well in my country, a lot better than in a lot of French restaurants, where more than half the dishes are no longer prepared on the premises. Seasonal products, prepared and served with care, premium meat and fish, ancient and new techniques, British chefs pamper us, and have been for a while.

So to all of those who still think that we eat badly here: you’re wrong. It’s that simple. But as you have the right to disagree, let me know if I’m talking rubbish!

12 Sep

Church teas

On a lovely sunny Sunday, a couple of weeks ago, it was my turn to host the Hambleden Church Teas. All through the summer season, from May to October, every Sunday afternoon, local residents bake and sell cakes for the church funds. At 50p for a cup of tea and £1.50 for a piece of home-made cake, it is always popular with locals, but also with the numerous walkers and cyclists going through this charming village.

Superbly supported by Penny, and with the invaluable help of Julia, who had baked six cakes to help me out, I am happy to report that we sold out of cakes in three hours and added nearly £300 to the kitty, a result for which I am very proud! There is also something incredibly satisfying about seeing complete strangers queue up to purchase your baked goods. My far breton, walnut tart and chocolate marble cake just disappeared.

Even if it was my first time, I had dared do things a little differently, as I had decided to introduce some savoury dishes in the mix of the traditional cakes. That very morning, I had prepared my version of a quiche lorraine, and two of my favourite offerings: a ham and olives cake parisien and a tuna loaf. The latter wasn’t a frank success at the event, but got gobbled up that evening back at home!

Everything else went, and everyone thought the savoury additions a good idea. I was particularly pleased with a group of walkers who all came back for seconds (thank you, guys!). So, as you can guess, dear friends and readers, I shall put my name forward for another turn next summer, and I hope to see you there!



Par un beau dimanche ensoleillé, il y a une quinzaine de jours, c’était mon tour de m’occuper du goûter de l’église à Hambleden. A travers tout l’été, de mai à octobre, tous les dimanches après-midis, les résidents locaux préparent et vendent des gâteaux pour les fonds de l’église. A 50p pour une tasse de thé et une livre cinquante pour une part de gâteau fait maison, c’est une occasion toujours populaire avec les indigènes, mais aussi avec les nombreux randonneurs et cyclistes qui traversent ce charmant village.

Admirablement soutenu par Penny, et avec l’aide très précieuse de Julia, qui avait fait six gâteaux pour m’aider, je suis très heureux de pouvoir vous dire qu’on a tout vendu en trois heures, et ajouté presque 300 livres à la caisse, un résultat dont je tire une grande fierté! Il y a aussi quelque chose d’incroyablement satisfaisant à voir de complets étrangers faire la queue pour acheter vos créations pâtissières. Mon far breton, ma tarte aux noix et mon gâteau marbré ont simplement disparu.

Même si c’était ma première fois, j’avais osé faire les choses un peu différemment, vu que j’avais décidé d’introduire des plats salés au milieu des gâteaux traditionnaux. Ce matin-là, j’avais préparé ma version d’une quiche lorraine, et deux de mes offrandes préférées: un cake parisien jambon-olives, et un pain de thon. Ce dernier ne fut pas un franc succès pendant la vente, mais fut dévoré le soir-même à la maison!

Tout s’est bien passé, et tout le monde a pensé que les plats salés étaient une bonne idée. Un groupe de randonneurs m’a particulièrement fait plaisir, à revenir pour une deuxième part (merci, les gars!). Et donc, comme vous pouvez vous en douter, chers amis et lecteurs, je me porterai volontaire pour un autre weekend l’été prochain, et j’espère vous y voir!

19 Dec

A guilty pleasure on TV

It’s confession time again, and this time, my thoughts have turned to the television. As I am typing this, an American cooking programme is showing on the Food Network and I am transfixed. The Pioneer Woman is on, and I simply have to watch her cook her way through a very American repertoire for her family, her friends and all the ranch workers. As she puts it, she lives in the middle of nowhere, on a huge cattle ranch, with her husband and four kids, and she cooks a lot.

Nothing is low fat or sugar free, and I am sure Mrs. Drummond will not mind me saying that it is not very sophisticated cuisine she is preparing day in, day out, but I simply admire her for the way she provides for her kin. She cooks with love and shops in bulk, goes for easy soups and amazing-looking burgers, uses a lot of infamous plastic cheese and goes Tex-Mex a lot. And yet I like her, because she does it all with great integrity and a lovely manner: she makes no excuses about cooking what her family likes to eat, and I love that. So here’s to you, Pioneer Woman!

The other American food programme that has me transfixed is called The Barefoot Contessa, which is the screen name of Ina Garten, a former White House employee. She also cooks American fare, and is equally fascinating. But here the comparison between the two ends, as the Contessa lives, cooks and entertains differently, in a famous posh part of the East coast of America, not in the wild wild West.



C’est encore une fois l’heure des confessions, et cette fois, mes pensées se tournent vers la télévision. Alors même que j’écris, je regarde un programme de cuisine américaine sur la chaîne Food Network, et je suis fasciné. C’est The Pioneer Woman, et je dois simplement la regarder préparer des plats de son repertoire américain pour sa famille, ses amis et tous les employés du ranch. Comme elle le dit elle-même, elle habite au milieu de nulle part, dans un énorme ranch à bétail, avec son mari, ses quatre mômes, et elle fait beaucoup à manger.

Ça n’est pas de la cuisine légère ou sans sucre, et Mme Drummond ne m’en voudra pas si je dis que ça n’est pas très sophistiqué non plus, ce qu’elle fait tous les jours, mais je l’admire tout simplement pour la façon dont elle s’occupe de sa couvée. Elle fait la cuisine avec amour, les course en gros, choisit des soupes simples et des burgers ahurissants, utilise plein de fameux fromage-plastique et va du côté Tex-Mex assez souvent. Et pourtant, je l’aime bien, parce qu’elle le fait avec intégrité et agréablement: elle ne s’excuse pas du fait qu’elle cuisine ce que sa famille aime manger, et j’aime ça. Alors à la vôtre, Pioneer Woman!

L’autre programme américain qui me fascine s’appelle The Barefoot Contessa (la Comtesse aux Pieds Nus), le nom de plume d’Ina Garten, ancienne employée à la Maison Blanche. Elle aussi a un répertoire très américain, et est tout aussi fascinante. Mais là s’arrête la comparison, vu que la comtesse habite, cuisine et reçoit différemment, dans une région très chic de la côte est des Etats-Unis, pas au Far West.

07 Sep

Family secrets

Relax, I’m talking about family recipes here… This is a respectable blog, I’ll have you know! We all have favourite recipes, and some of them might even be treasured heirlooms, coming from fifteen generations back. Ok, maybe not that old, but it doesn’t mean they are not cherished.

My late maternal grandmother was a good French cook. Nothing too fancy, no high cuisine there, but robust, tasty dishes and desserts from her home region, Brittany, and her adopted home, Burgundy. That said, she could turn her hands to most things, and her cakes and tarts were things of beauty. What I am trying to say is that my grandma was more than good, she was a great cook.

She used to rear her own poultry and rabbits, and I was used to the ‘from pen to plate’ ethos of her cooking. Her roast chicken and ‘lapin en sauce’ were legendary. Coupled to the fresh produce from my grandpa’s garden, those made for fantastic family meals. One of our favourite starters was a fantastic rice salad with bits and bobs in it (that one is not quite a guarded secret, but we might come back to it later!), followed by a roast chicken with a potato gratin and maybe some green beans . Dessert was always a big deal, as my grandma loved to bake. Her cinnamon tart was amazing (I still can’t do pastry lattice like hers to put on top), and her chocolate cake… Well, that one is a family secret. And there was also an elaborate (in its preparation) gâteau basque, best kept for afternoon tea, as it wasn’t the most delicate of her confections and would not be enjoyed after a good meal!

My two favourite desserts are Grandma Dabet’s far breton, which regular readers will already know, and her marquise au chocolat, a fridge cake served with home-made crème anglaise. This one is quite rich and a total treat, but I can already let it slip that this will be the alternative dessert for the Christmas celebrations at ALK HQ…



Relax, je vous parle de recettes de famille… N’oublions pas que mon blog est bien sous tout rapport! Nous avons tous nos recettes préférées, et certaines d’entre elles font parfois partie d’un long héritage, qui nous suit depuis quinze générations. Ok, peut-être pas depuis aussi longtemps, mais ça ne veut pas dire qu’on n’y tient pas tout autant.

Ma grand-mère maternelle, qui vient de nous quitter, était bonne cuisinière. Rien de très compliqué, pas de haute cuisine, mais des plats robustes et goûtus et des desserts de sa région natale, la Bretagne, ou de sa région d’adoption, la Bourgogne. Cela dit, elle pouvait presque tout faire, et ses gâteaux et autres tartes étaient sublimes. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que ma mémé était mieux que bonne cuisinière, c’était une super cuisinière.

Elle élevait ses volailles et ses lapins, et j’avais l’habitude de les voir passer de la basse-cour à la casserole. Son poulet rôti et son lapin en sauce étaient tous les deux légendaires. En y ajoutant les produits frais du jardin de mon grand-père, nous dégustions de délicieux repas de famille. Une de nos entrées préférées était une salade de riz fantastique avec des trucs et des machins dedans (la recette n’est pas secrète, mais on y reviendra sûrement!), suivie d’un poulet rôti avec un gratin de pommes de terre et peut-être quelques haricots verts . Le dessert était toujours un évènement, vu que ma mémé était également bonne pâtissière. Sa tarte à la cannelle était surprenante (je ne sais toujours pas faire les croisillons de pâte comme elle sur le dessus), et son gâteau au chocolat… Là, celui-là je le garde secret, pour le coup. On gardait un gâteau basque élaboré (dans sa préparation) pour le thé de cinq heures, vu qu’il n’était pas le plus léger de ses confections et n’était pas toujours apprécié à sa juste valeur à la fin d’un repas!

Mes deux desserts préférés qui me viennent de ma Mémé Dabet sont le far breton, que mes lecteurs assidus connaissent déjà, et sa marquise au chocolat, un dessert sans cuisson servi avec une tonne de crème anglaise maison. C’est un dessert riche et à manger avec modération, mais je peux vous confier qu’il sera le dessert un peu alternatif des célébrations de Noël au QG d’ALK…

23 Jun

Tout est bon dans l’cochon

At least that what they say. One thing is sure: the humble pig is a truly fantastic creature, providing us as it does with so many good things. First and foremost is the meat, assuming of course you are a carnivore (let’s assume you are, as you are still reading this!). From bacon to petit salé, it would take too long to list all the cuts and useful parts of a cochon. So I won’t.

Suffice it to say that each culture has its favourites and various methods to prepare the meat, which must run into thousands, as apparently pork is the most widely consumed meat throughout the world, and us French are certainly doing our bit. Walk into a charcuterie, and you will see what I mean: sausages, hams, saucisson, museau vinaigrette, it’s all there! From trotters to brawn (I know it’s not always a pig’s head used, but in France, it often is), we do like to use as much of the animal as possible. Although it may not be to everyone taste, the blood is also used to make delicious black pudding, but as I have already written about that one, I’ll spare you the details.

People say that if you eat meat, you shouldn’t be squeamish about seeing the process through, from living animal to finished product(s). Having once seen a more traditional slaughtering, I have to say it isn’t for the fainthearted… But I have to admit that it did not put me off eating pork, even though it is a harrowing ‘spectacle’.

I have read somewhere that you can use ‘pig’ in more than 180 commonplace products, from toothpaste and other cosmetics to bone china. True or not, it seems to prove that the life of a pig, provided of course it has been a happy one, is never wasted. And something to be celebrated, as one of my favourite artists puts it so well in this song. So I’ll leave you to enjoy Juliette’s little tune: https://www.youtube.com/watch?v=zQv3dhpKdhQ

Me? I’m off for a nice slice or two of rosette de Lyon…



C’est du moins ce qu’on dit. Une chose est sûre: l’humble cochon est une créature fantastique, qui nous donne tant de bonnes choses. Tout d’abord, il y a la viande, en supposant bien sûr que vous êtes carnivores (ce que je fais, si vous lisez toujours!). Du bacon au petit salé, la liste des bons morceaux du cochon serait trop longue. Alors je ne la ferai pas.

Il suffit de dire que chaque culture à ses méthodes diverses et variées pour préparer cette viande, sûrement quelques milliers, vu que le porc est la viande apparemment la plus consommée à travers le monde, et nous les Français nous donnons bien de la peine. Entrez dans une charcuterie, et vous verrez de quoi je parle: saucisses, jambons, saucisson, museau vinaigrette, tout y est! Des pieds de cochons au fromage de tête (je sais, ça n’est pas toujours une tête de cochon qui est utilisée, mais en France, ça l’est souvent), nous aimons utiliser la bête le plus possible. Bien que ça ne soit pas au goût de tout le monde, le sang entre aussi dans la fabrication du boudin noir, mais comme je vous en ai déjà parlé, je ne m’étendrai pas sur les détails.

On dit que si vous mangez de la viande, vous ne devriez pas faire la grimace à l’idée de passer de l’animal vivant au(x) produit(s) fini(s). Ayant assisté à un abattage traditionnel, je dois dire que ça n’est pas pour les plus timorés… Mais je dois bien avouer que ça ne m’empêche pas de toujours manger du porc, même si c’est un ‘spectacle’ difficile à regarder.

J’ai lu quelque part qu’on peut utiliser ‘le cochon’ dans plus de 180 produits de tous les jours, du dentifrice et autres cosmétiques à la porcelaine. Vrai ou faux, cela tendrait à prouver que la vie d’un cochon, pourvu bien sûr qu’elle aie été heureuse, n’est jamais gaspillée. Et même être une chose à célébrer, comme une de mes artistes préférés le fait si bien dans cette chanson. Alors je vous laisse vous régaler de la petite ritournelle de Juliette: : https://www.youtube.com/watch?v=zQv3dhpKdhQ

Moi? Je m’en vais déguster quelques rondelles de rosette de Lyon…

11 Mar

A second fantasy dinner

Picture yourself outside on a warm summer’s evening in the south of France. You know the rules, so I won’t repeat myself, but I figured it was time to go back to the Hotel Crillon-le-Brave and have a second dinner with the great and the famous, so here is the guest list.

Jodie Foster. Public yet mysterious figure, actress I have always admired. And she speaks impeccable French, a bonus!

Sir Patrick Stewart. I know, another Star Trek captain, but a grand Shakespearean actor, too.

Emma Thompson. Talented, outspoken, wonderful. I think she would be great fun to have around.

E.M. Forster. I wonder what this favourite author of mine would make of today’s crazy world.

Alison Krauss. Everything about this bluegrass lady is beautiful. The grace and purity of her voice moves me every time I hear it.

Bruce Willis. To liven things up a bit, tell us all about Hollywood. And if some catastrophe happens, he can save us all!

Karen Matheson. One of Scotland’s finest exports, with a voice like liquid gold, as they say. I would hope she’d entertain us after the meal.

Leonardo da Vinci. First genius, ever. Just to see what he’d come up with today. And so that he can see his Mona Lisa again.

Marie Curie. Her fascinating story from the horse’s mouth, so to speak, and in French, too.

Michel Roux Jr. I would love him to put the menu together and let his team execute while he joins us on the terrace.



Imaginez-vous en plein air par une chaude soirée d’été dans le sud de la France. Vous connaissez les règles, alors je ne vais pas me répéter, mais il me semble qu’il est grand temps de retourner à l’Hôtel de Crillon-le-Brave et d’organiser un autre dîner avec nos célébrités, alors voici la liste de mes invités pour ce soir.

Jodie Foster. Personnage public mais secret, actrice que j’ai toujours admirée. Et elle parle impeccablement le français, un vrai bonus!

Sir Patrick Stewart. Je sais, un autre capitaine de l’univers Star Trek, mais aussi un grand acteur shakespearien.

Emma Thompson. Talentueuse, franche, formidable. Et je suis sûr qu’elle serait super fun.

E.M. Forster. Je me demande ce que mon auteur favori penserait de ce monde de fous où nous vivons aujourd’hui.

Alison Krauss. Chez cette lady de la musique bluegrass, tout est magnifique. La grâce et la purité de sa voix m’émeuvent à chaque fois.

Bruce Willis. Pour faire bouger les choses un peu et tout nous dire sur Hollywood. Et en cas de catastrophe quelconque, il peut tous nous sauver!

Karen Matheson. Un des trésors de l’Ecosse, sa voix de l’or liquide pur, comme on dit. J’espère qu’elle nous chanterait quelque chose après dîner.

Léonard de Vinci. Le premier génie, tout court. Juste pour voir ce qu’il inventerait aujourd’hui. Et pour qu’il voie sa Joconde encore une fois.

Marie Curie. Sa fascinante histoire, racontée directement, en français, par la grande dame elle-même.

Michel Roux Jr. J’aimerais tant qu’il décide du menu, mais maintenant c’est son équipe qui s’en occupe, et il est en terrasse avec nous.

06 Mar

Dinner at sea

How do they do it? It’s a real mystery. Feeding 2000 people, to near faultless standards, everyday, nearly 24/7 and more often than not in the middle of the ocean. I am writing here about the talented chefs on board Cunard’s Queen Elizabeth. Under the direction of executive chef Klaus Kremer, the meals produced on this ship are simply amazing. And last summer, the most amazing of all was the chef’s table dinner.

Having seen it advertised at the bottom of the menu, we had decided to join ten other guests to treat ourselves to a seven-course tasting menu with paired wines. Indulgent? I’ll give you that. Excessive? Certainly not. We met our fellow gourmands at the door to the kitchens and were guided through them by none other than Chef Klaus himself. How he and his team can prepare so much in this comparatively small space is a master class in organisation and skills.

Skills that were in evidence that evening, as we watched the chefs at work before enjoying each dish and its accompanying wine. Seven courses of pure delight and invention, where tastes and textures mingled to provide us with a sensational experience.

Of course, there was the added bonus of meeting our fellow guests, each and every one a pleasure to talk to, as we all shared a love of good food and fine wines. And a very cosmopolitan table we were too, with at least five nationalities represented! What an evening we all had, and one I hope to repeat this summer on the Queen Victoria.



Comment font-ils? C’est un véritable mystère. Nourrir 2000 personnes, et presque sans fautes, tous les jours, presque 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et la plupart du temps au beau milieu de l’océan. Je vous parle ici des talentueux chefs à bord du Queen Elizabeth, de la ligne Cunard. Sous la direction de chef Klaus Kremer, les repas produits sur ce navire sont simplement merveilleux. Et l’été dernier, le plus merveilleux de tous a été la table du chef.

L’ayant vu mentionnée au bas du menu, nous avions décidé de joindre dix autres invités pour savourer un menu dégustation de sept plats, chacun accompagné de son vin. Indulgent? Je ne vous le fais pas dire. Un peu trop? Certainement pas. Nous avons retrouvé nos compagnons gourmands devant les cuisines, que nous avons visitées avec Chef Klaus lui-même. La façon dont équipe et lui préparent tout dans un espace comparativement confiné relève tout simplement du summum en matière d’organisation et de talent. Talent bien en évidence ce soir-là, alors que nous regardions les chefs au travail avant de nous délecter de chaque plat et de son vin. Sept plats inventifs et délicieux, où les saveurs et les textures se mélangeaient pour nous fournir des sensations uniques.

Bien sûr, le bonus était de faire la rencontre de nos compagnons dînatoires, si je puis dire, tous plus intéressants les uns que les autres, vu que nous partagions tous le même amour pour la bonne chère et les vins fins. Et quelle tablée cosmopolitaine, avec au moins cinq nationalités représentées! Ce fut une super soirée, que l’on espère répéter cet été à bord du Queen Victoria.

15 Dec

A dream lesson

It will have taken me a long time to write about this experience, but I really wanted to do it justice, so I waited a little while to tell you about it. A few months ago, I received a real treat for my birthday: dinner at the wonderful Angela Hartnett’s Murano restaurant. I will not detail the menu, perfect from start to finish, and served by a friendly and attentive team. Being my birthday, I even received a kiss from the chef-patron herself.

This being a present in itself, it isn’t what I would like to tell you about: I was also delighted to be given a place in what happened to be the last of the master classes Angela is to give for a while. So on a beautiful Sunday, I met my fellow students at the restaurant, where the celebrated chef taught us the art of pasta making (delicious spinach and ricotta tortellini), how to properly fillet a fish (sea bream to die for) and a fool-proof recipe for tarte tatin. We of course enjoyed it all, paired with delicious wines, with our invited guests.

Angela’s warmth, charm and expertise were on show that day, and she lavished all of us with so much attention that we all felt we learnt a lot more than just how to cook the dishes we prepared. Yes, the food was delicious (even if I say so myself!), the staff attentive and helpful, the setting utterly exquisite; but, as always, the main reason this lesson was a success was the teacher herself. Definitely serious about her craft, yet down to earth and a natural with her students, Angela (I hope she will forgive me the familiarity) is a great chef, a great teacher, and a great person.

So when’s the next master class?


Me décider à écrire à propos de cette expérience m’aura pris un petit moment, mais je voulais vraiment lui faire justice, alors j’ai attendu un peu pour tout vous dire. Il y a quelque mois, j’ai reçu un super cadeau d’anniversaire sous la forme d’un dîner à Murano, le restaurant de la superbe Angela Hartnett. Je ne vous décrirai pas le menu en detail, parfait du début à la fin, et servi par un personnel attentive et amical. Et vu que c’était mon anniversaire, j’ai même reçu la bise de la chef-patron elle-même.

Ce repas étant un vrai cadeau, ça n’est pas ce dont je voulais vous parler: j’ai également eu la chance d’obtenir une place dans ce qui se révéla être la dernière classe donnée par Angela, du moins pour un petit bout de temps. Alors en ce beau dimanche, j’ai retrouvé les autres étudiants au restaurant, où la célèbre chef nous a appris l’art de faire des pâtes (des tortellinis au ricotta et épinards délicieux), comment fileter un poisson proprement (une daurade à tomber par terre) et une recette infaillible pour une tarte tatin. Nous avons bien sûr dégusté le tout, accompagnés de vins délicieux, avec nos invités.

La chaleureuse approche d’Angela, son charme et son art étaient tous en évidence ce jour-là, et elle nous a donné tellement de son temps que nous avons tous eu l’impression d’avoir appris beaucoup plus que de simplement cuisiner les plats que nous avions préparé. Bien sûr, la nourriture était délicieuse (même si c’est moi qui le dit!), le personnel attentif et présent, le décor tout simplement exquis; mais, comme d’habitude, la raison principale pour la réussite de cette leçon était la prof elle-même. Définitivement sérieuse au sujet de son art, et pourtant terre-à-terre et naturelle avec ses étudiants, Angela (j’espère qu’elle me pardonnera ma familiarité) et un grand chef, un super professeur et une grande dame.

Alors à quand la prochaine classe?


17 Nov

Is it really cheating?

Tonight, we’re having Nigella’s quick chilli. I know some of you, dear readers, have already gasped in horror. So let me hit the nail firmly in place by revealing that I am not only a huge fan of the lady herself, but also of her quick recipes. No, let me rephrase that: I am a huge fan of ALL her recipes.

Nigella Express, however, is both a time- and a life-saver, containing many dishes that have become firm favourites in this household. The coq au Riesling is actually quite sophisticated, the curry in a hurry is fresh and as hot as you dare to make it, and the rapid ragù is the only answer to my craving for something more savoury than savoury. I usually double the quantity of lentils called for (and use the excellent French ones from le Puy, of course), but other than that, the recipe satisfies on all levels: easiness, quickness and taste.

So tonight, it’s chilli time. Some of the ingredients come from a jar or a tin, but the spices are fresh and the ground beef and chorizo are the best I can find. Letting it simmer is torture, and I readily confess that I often have a spoonful (or two or three) before the finished product has time to hit the table. I could justify this by saying that all cooks should taste their offerings, but I am afraid that in my case, it’s pure greed.

So here’s to you, Miss Lawson, this household loves you.


Ce soir, je prépare le chilli rapide de Nigella Lawson. Je sais que certains d’entre vous, chers lecteurs, sont horrifiés. Mais laissez-moi enfoncer le clou en révélant que je suis non seulement fan de la grande dame elle-même, mais aussi de ses recettes rapides. Correction: je suis super fan de TOUTES ses recettes.

Nigella’s Express, cela dit, vous fait gagner du temps et peut changer votre vie, et certaines de ces recettes sont vite devenues des classiques à la maison. Le coq au Riesling est en fait assez sophistiqué, le curry à la va-vite est frais mais aussi épicé que vous le voulez, et le ragù rapide et la seule solution quand j’ai besoin de quelque chose de succulent. Normalement, je mets double quantité de lentilles (et j’utilise les excellentes lentilles du Puy, bien sûr), mais autrement, la recette est juste ce qu’il me faut: facile, rapide et délicieuse.

Alors ce soir, c’est l’heure du chilli. Certains ingrédients viennent directement d’un bocal ou d’une boîte, mais les épices sont fraîches et le boeuf hâché et le chorizo de la meilleure qualité. Laisser ce plat mijoter est pure torture, et j’avoue librement que j’en vole une cuillérée (ou deux ou trois) avant que le produit fini n’aie le temps d’arriver sur la table. Je pourrais justifier ce vol en disant que tous les cuistots doivent goûter leurs plats, mais j’ai bien peur que dans mon cas, ça n’est que de la gourmandise.

Alors à la vôtre, Miss Lawson, chez nous, on vous aime.